[RP] Histoire de Melchiek : Trésorier de la Guilde

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[RP] Histoire de Melchiek : Trésorier de la Guilde

Message par Melchiek le Ven 29 Aoû - 16:30

(HRP) Je n'ai pas toujours été membre de la Guilde "Sel & Lumière" et pour comprendre le personnage qu'est Melchiek il faut avoir vécu les histoires d'avant, quand il était encore membres des "Pattes Noires". Découvrez ici l'une des grandes aventures vécus par quelques membres de celle-ci. (/HRP)

On apprend pas au Moon à faire la grimace



Chapitre I - La réunion.


Le 12ème jour de Martalo 641, une maison perdue quelque part dans le monde des Douze...

Il est bientôt une heure du matin, je rentre fourbu d'une journée bien remplie. Les dragodindes ont été nourries, les ressources négociées à Bonta ou en cours, la récolte de céréales prête à être moulue demain, la viande conservée, et mon sac est prêt pour une visite à l'improviste demain chez le Dragon Cochon avec le reste de la bande.
Le bateau m'a déposé il y a moins d'une heure sur l'île, j'aurais pu prendre un Zaap... mais... non trop cher. J'ai fait un détour par la plage au cas où quelques étoffes corailleuses auraient été laissées sur le rivage, pas de bol... cette fois en tout cas... Arrivé là haut j'ai discuté un peu avec un disciple d'Otomaï. J'ai décliné une fois de plus sa proposition aussi alléchante soit-elle : Trop long, trop couteux, trop d'investissement. Un jour peut être mais ce n'est pas à l'ordre du jour.
Non moi ce que je cherche c'est le Turquoise... ah le "Tutu" comme on l'appelle chez nous... On commence à les connaître par coeur ces labyrinthes qui nous font perdre du temps, ces sbires tout roses plus ridicules qu'inquiétants, et ce gros Porkass ailé bien redondant. Un jour on le lui fera sortir par le derrière et ça lui fera bien mal et ce jour là... oh oui ce jour là... il sera à moi... à moi seul.
Le feu crépite et dehors les bruits de la jungle me sortent de ma rêverie. Demain est un autre jour... un jour d'espoir, de conquêtes, et d'aventures, de durs labeurs comme tous les jours. Je me prépare à aller au lit non sans prendre le temps de regarder le contenu de mes coffres pour me faire sourire une dernière fois. Comme chaque soir je sors du coffre et je déplie ce petit parchemin que je connais bien à présent. Celui qui m'amènera un jour à ce trésor que je convoite depuis si longtemps... mais avant il me faut la clé qui me permettra de pénétrer ses mystères : Le Dofus Turquoise. Ensuite, seulement ensuite, il sera à ma portée : Le Trésor de Rafus Le Brikasac!

Astrub centre ville...

Après une bonne nuit de sommeil, rien ne de mieux pour se réveiller que d'aller à la Taverne d'Astrub pour prendre le petit dej'. Un peu de Lailait, deux trois briochettes, quelques fruits et on est reparti! Avant de quitter la ville mon activité favorite, bien que peu valorisante, est de fouiller les poubelles. Oui je sais ça peut parfois paraitre dégoutant mais vous imaginez pas ce que les jeunes imbéc... euh... aventuriers d'Astrub laissent trainer dedans. Je me souviendrais toujours il y a quelques temps de cela maintenant, le jour où je me suis offert mon Gelano... oui oui offert... devant la banque d'Astrub... dans une poubelle... mouahahahah quand j'y repense. Le gamin devait certainement penser que ça ne devait pas servir à grand chose. Si il s'est pas fait dévorer par un Meulou depuis il doit regretter amèrement son erreur... mais après tout... n'est-ce pas en faisant des erreurs qu'on apprend? Tant qu'un Enutrof peut passer derrière pour en profit...euh... pour les corriger. Je vais pas tarder à me rapprocher du Zaap. Comme d'habitude je prends une laine de bouftou que je découpe en petit morceaux et avec deux d'entre eux je forme des petites boules que je place dans mes oreilles. Pourquoi me diriez-vous? A cette question je répondrais ceci : restez une minute devant le Zaap avant de partir et vous comprendrez. Entre ceux qui proposent des affaires foireuses, ceux dont on comprends pas un traitre mot, et ceux qui veulent se battre contre tout Astrub pour essayer leurs derniers matériels achetés fraichement chez un marchand du coin (mouarf un marchand du coin en plus!!) bref le folklore du Zaap d'Astrub ça va une fois ensuite on trace droit devant, on évite tout le monde et zou... à Bonta!
Non! Mais... mais... non! Pas possible! Il s'y mette aussi à Bonta?? "Nan merci je suis pas interessé par vos Kamas j'ai déjà ma propre méthode pour gagner les miens! Comment? Ah ah vous allez rire! En travaillant et en combattant! Oui j'étais sûr que ça vous surprendrait! Allez ciao!" Nan mais quelle bande de cervelles de Iops! C'est pas possible, c'est une invasion pire que les milices Brakmariennes!
Tient en parlant de Milice, j'évite soigneusement celle de Bonta. Oh oui je suis Bontarien par choix c'est vrai, mais les traques non... c'est définitivement pas mon domaine. Oh j'ai essayé oui... comment vous dire... j'ai déjà du mal à donner des Kamas pour prendre le Zaap, imaginez en plus quand on me débourse les miens. Là dessus j'ai la guigne des Ecaflips, je tombais toujours sur des Crâs. Autant vous dire que si vous êtes pas Crâs ou que vous avez du mal à viser de loin (ce qui à mon âge est un peu mon cas) autant vous dire que la seule chose que vous verrez dans un duel contre un Crâ... bien ce sera ses flèches et pis c'est tout. En général ça se solde par une flèche explosive qui me balance contre un arbre (ou un Abraknyde si j'ai vraiment pas de bol) et quand je me réveille je suis plus léger de mes kamas de la journée. Non définitivement... non. Alors je me fais discret et je sors direction l'Auberge de la Tabasse où je suis censé rejoindre un Sacrieur qui aurait des infos... sur mon affaire...

Bonta... Taverne de la Tabasse...

Avez-vous déjà serré la main d'un sacrieur? Oui? Alors? Ben moi perso j'éviterai à l'avenir... Toujours à se couper aux quatre veines pour ses amis le sacrieur a la facheuse tendance d'avoir les mains toujours pleines de sang séchés, coagulés... quand il ne s'agit pas du sang d'une de ses victimes. C'est un mode de vie je le conçois mais bon dans la vie communautaire, si un petit effort d'hygiène pouvait être réalisé on s'en porterait peut être pas plus mal. Bref... comme disait Pépin, après m'être fait tartiner la main, j'écoutais attentivement son récit tout en m'essuyant discrètement la main sur une étoffe de Gourlo (rouge sur rouge rien ne bouge et peut être même j'pourrai la revendre plus cher en faisant passer ça pour le sang du Gourlo lui même... à voir).
Le gars ne m'apprend rien de nouveau pour le moment, moi aussi je sais lire et les bibliothèques sont remplies d'histoires narrant l'épopée de Rafus, et pour y avoir passé pas mal de temps ces derniers mois je les connais quasiment toutes par coeur. Je commence à me demander si je n'ai pas encore dépensé mes Kamas pour rien lorsqu'une phrase attire mon attention. Je le fais répéter, il me parle effectivement d'un livre dont je ne connais pas le titre : Le Codex de l'Antre par R.B. Un livre qui contiendrait -selon lui je cite- "l'ensemble des alphabets et cryptogrammes nécessaires pour déchiffrer les différentes étapes d'une carte au trésor que Rufus lui même aurait laissé en testament avant de mourir." Bien entendu mon interlocuteur ignore que je possède la fameuse carte et je prends un air ahuri (oui je sais très bien faire l'ahuri!) des plus crédibles. Une carte au trésor? Un codex? Mais où diantre peut-on trouver ces objets fabuleux? Le bonhomme ignore où se trouve la carte (et pour cause c'est moi qui l'ait uhuhuh) mais le livre se trouve lui... ah la mauvaise nouvelle bien entendu comment n'y ai-je pas pensé plus tôt... dans la bibliothèque du Maître Corbac. Vous connaissez? Vous savez combien de pièces possèdent cette bibliothèque? Vous savez combien il y a de livres? Et bien entendu chaque pièce est méchamment gardée par les acolytes du Maître... Bref... j'attends patiemment qu'il finisse de me narrer ce qu'il sait et que je sais malheureusement déjà et fait mine de ne plus être si intéressé que ça finalement, avant de le remercier d'un geste de la main (non pas serrer cette fois) et de sortir. Beaucoup de Kamas dépenser pour une information par forcément vérifiable... va falloir que je convaincs mes amis d'aller faire un tour par là bas... pour quel motif... je trouverais bien en chemin. Pour l'instant j'ai pris du retard sur mon horaire et je dois me hater au plus vite pour rejoindre les Pattes Noires qui m'attendent pour une énième excursion chez le Dragon Cochon... J'espère qu'il a pondu quelque chose cette fois...

Quelques heures plus tard... Non loin de Sufokia...

La mer est calme... ça me détend... j'en ai vraiment besoin... aujourd'hui ça mord pas des masses, comme on dit, un malheur n'arrive jamais seul. Encore une fois bredouille, je commence à me demander si ce Dragon a déjà pondu quelque chose de sa vie à part de la... bref... ça sent la journée aux poches bien plates. Vingt minutes après je me décide à ranger ma canne et, résigné, remonte vers le nord rejoindre Astrub. C'était bien sur sans compter sur un groupe de Boulangers sombres qui n'avaient certainement rien d'autre à faire qu'à monter une embuscade... Je reconnais l'un d'eux : Boudur le Raide. On a pris les mêmes cours ensemble et faut dire qu'il était déjà à l'époque franchement mauvais. On l'a surnommé comme ça parce que... non finalement je sais pas si vous avez vraiment envie de le savoir... une vague histoire avec une eniripsa qui a mal tournée... bref, comme disait pépin, le sourire qui se dessine sur leurs visages ne présagent rien de bon. Je me prépare psychologiquement à me prendre des pains plein la tronche, et si je veux m'en sortir il va y avoir du pain sur la planche. Si en plus je me fais détrousser le peu de kamas que j'ai gagné dans la journée, je peux dire adieu à ma réputation d'Enutrof. Tient et si je tentais une invocation d'arakne! Après tout je n'ai pas passé une de mes après midi à nettoyer de fond en comble le grenier d'Aria pour ne pas profiter de son enseignement.
Woh... finalement je sais pas si c'était une bonne idée. Juste à mes cotés, une grosse Arakne majeure me regarde avec euh... tous ces yeux on va dire. Je crois qu'elle attend quelque chose alors je lui montre le groupe de gros qui commence à avancer en sortant leurs pelles et leurs munitions de pains durs rassis. Sans demander son reste et à une allure impressionnante la voici qui se rue sur nos artisans ratés. Trop rapide pour eux, elle évite sans effort les coups de pelles. Occupé à tenter d'écraser la pauvre bête, j'en profite pour asséner de gros coups de truelles bien placés aux boulangers les plus près de moi. Finalement le combat dure moins longtemps que je ne l'aurais cru... je laisse l'arakne se repaitre des cadavres pendant que je fais les poches de ceux qui n'ont pas été trop déchiquetés.
Finalement je m'en sors avec quelques parchemins que je revendrai pour quelques kamas à Bonta. Je suis épuisé, et malgré leurs prix exorbitants je décide d'utiliser une potion de Foyer. Arrivé chez moi, je ne fais pas long feu et c'est tout habillé que je m'étale sur mon lit douillé. Peut être que je ferai la grasse mat' demain, après tout la journée fut assez pénible et loin des espérances que j'attendais. Demain je ne pourrai avoir que plus de chance vu la journée d'aujourd'hui. Et c'est sur cette pensée que je me laisse porter par mes rêves de trésors remplis de kamas.....

Deux jours plus tard... quelque part sur le Village de la Canopée

Poh poh poh poh poh... ça c'est du repos... ça faisait longtemps que j'avais pas dormi autant. J'ai l'impression qu'avec l'âge c'est de plus en plus fréquent. Je me réveille la bouche pâteuse et au vue de l'extérieur il semble que la journée est déjà bien entamée. J'ai pas rêvé on a bien frappé à ma porte. C'est un disciple d'Otomaï, encore, qui vient aux nouvelles. Apparemment une enirispa. Elle s'inquiétait de mon état. Un peu soupe au lait, je lui demande si elle s'inquiète comme ça avec tous les gens du village; elle me répond "seulement avec les gens d'un certain âge" ce que je prends plutôt moyen. Bref... comme disait Pépin, après avoir échangé quelques banalités habituelles elle me laisse à mon pénible réveil pour vaquer à ses occupations. La flemme de voyager, je prends une potion d'enclos. Bleeerk, le goût des fleurs de blops en guise de petit-dej' ça passe vraiment pas.
Je passe l'après midi à m'occuper d'une grande Émeraude que m'a confié un ami. Il souhaite un croisement spécial, et compte sur ma chance légendaire pour y arriver. Oui parce qu'à défaut d'avoir de la chance pour trouver des Dofus j'en ai au moins pour les Dragodindes. Jusqu'à une certaine époque j'étais même parmi les meilleurs éleveurs mais une mauvaise potion d'alchimie mal préparée ou mal étiquetée (va savoir...), je me suis retrouvé à gambader à travers la forêt d'Amakna sous l'apparence d'une sorte de grenouille géante et baveuse. Il a fallu tout l'été à mes amis pour me retrouver et trouver un remède... Entre temps j'avais pris pas mal de retard et dû m'incliner face au marché actuel.
Après avoir vérifié une dernière fois l'état des machines je suis parti pour Bonta voir comment s'étaient passés mes ventes... la récolte de kamas fut bonne mais loin d'être exceptionnelle. J'allais partir en quêtes de ressources diverses et variés quand, juste avant de passer les remparts de la ville, au détour d'une rue un peu plus sombre que les autres, je croise l'étalage d'un marchand... mais le genre de marchand qui fait toujours fureur d'habitude, en centre ville d'Amakna : Un vendeur de... Dofus!

Rue sombre (ça peut arriver parfois selon l'inclinaison du soleil) de Bonta...

"Oui je connais bien... On appelle ça généralement des Dofawas!..."
Je préfère le mettre au courant dès le départ. Si les Pandawas sont très doués dans l'art du négoce mais aussi dans l'art d'entourlouper les jeunes aventuriers, il est d'une tache bien plus ardue que de duper un Enutrof sur les objets de valeurs.
"Ah et qu'est-ce qu'il cherche le monsieur?"
Lorsque je lui parle du Dofus turquoise, il me semble entrapercevoir une lueur dans son regard. Il s'éloigne quelques instants de sa devanture sans pour autant me quitter du regard. Il sort d'un de ses nombreux coffres un sac en jute. Après avoir défait le nœud coulissant, il déballe sa marchandise. Waouh... on a beau les avoir vu sur des reliures, ça vous remue toujours les tripes d'en voir un en vrai. Il est magnifique, d'un bleu profond, on peut sentir à distance la puissance qu'il s'en dégage. On s'approchant, mon œil d'Enutrof distingue quelques éraflures sur la coque. Ce Dofus là a l'air authentique... du moins c'est mon avis, il a dû un jour appartenir à un grand aventurier, et qu'un marchand en soit en sa possession me pose quelques problèmes de conscience sur sa véritable acquisition... Par réflexe je lui demande à combien il le vend. D'un geste nonchalant il m'annonce son prix...
"Combien????!!!!!"
J'ai failli m'étouffer. Bon sang il me faudrait une vie de labeur entière pour m'en offrir la moitié d'un!
"Ah beh oui mon bon monsieur, c'est rare donc c'est cher, si vous voulez des Dofus à bon prix faut se rabattre sur du Cawotte ou du Kaliptus j'en ai plein!"
Mais je m'en fiche moi des autres! Il me faut LE Turquoise! Et j'imagine même le prix que doit coûter les autres!!!
Mon instinct d'Enutrof se met en alerte lorsque le vendeur me propose un duo de Dofus Cawotte et Kaliptus. Il me permet de les examiner et je constate avec étonnement l'excellente qualité de ces deux oeufs de "dragon" -oui soyons clair, vu leur nombre au sein du Monde des Douze on est en droit de douter de leur origine draconique... Je lui redemande le prix voir si j'ai bien compris. J'ai bien compris... C'était pas du tout prévu mais je tope comme on dit chez nous.
Quelques minutes plus tard je sors de la ville non pas avec un Dofus Turquoise comme je l'aurais souhaité mais avec deux "Dofus" de très bonne facture à moindre coût. Je me sens différent, plus tranquille plus serein, -plus léger surtout- comme si je savais maintenant que quoiqu'il arrive je finirai par trouver ce que je cherche. Le pouvoir de ces oeufs est bien réel... ou je me suis fait complètement enflé...
J'ai déboursé beaucoup d'argent aujourd'hui mais je sais que j'ai fait une très bonne affaire -en principe- comme les font parfois les Enutrofs. Je gagne maintenant les plaines de Cania d'un pas guilleret vers ma prochaine destination sans me méfier du rodeur qui depuis la sortie de la ville me suis à bonne distance... de Crâ...

Entre les plaines de Cania et les landes de Sidimote

Le premier carreau m'atteint dans le dos au niveau des omoplates et la douleur faillit me faire perdre connaissance. J'étais en train de m'appliquer à achever un craqueleur (afin de perdre le minimum de pierres précieuses ça va de soi) lorsque le fourbe m'attaqua. Il était trop loin pour que je le reconnaisse mais son étendard ne laissa aucun doute : Un traqueur de Brakmar.
C'est avec un mal de chien que j'évite in-extremis sa deuxième flèche mais avec une fichée dans le dos je tiendrais pas très longtemps. Est-ce qu'il s'en doute aussi que je le sens se rapprocher de moi ou est-ce que parce que ces enfoirés de brakmarien ne savent pas viser de loin!
Ma vue se trouble j'ai dû perdre beaucoup trop de sang dès le départ, il m'est de plus en plus pénible de faire un mouvement, et j'entends à peine ce qu'il me dit... un truc du genre qu'il est temps que je prie mon Dieu Enutrof... C'est ce que je fais depuis déjà cinq minutes... Il bande son arc; je n'ai pas beaucoup d'alternative, mes jambes refusent de répondre, alors je me mets en boule, ce qui me fait très mal étant donné que la première flèche est toujours dans le dos et me déchire la peau et les entrailles à chaque mouvement. Je sais que ça sers à rien mais bon...
Un cri de surprise me fait lever la tête. Je vois le Crâ se faire embarquer violemment sur le coté sur plusieurs mètres comme trainé par une corde invisible... pas si invisible que ça d'ailleurs... un sacrieur!
Pas n'importe quel sacrieur! Je vais pour crier son nom mais c'est juste un râle de sang noirâtre qui sort de ma bouche. Le goût du sang, berk. Je reste allongé sur le coté, assez pour voir la terre s'ouvrir et découvrir des ronces béantes emprisonner le Crâ qui hurle de terreur. La dernière image que j'ai de mon agresseur est celle d'une torche humaine s'embrasant dans un cri strident qui me semble diffus maintenant...
Je n'ai pas le temps de remercier mes fidèles amis, Koulwa... Pill-Lou... Orzata...
Tout se trouble... il fait noir... j'ai sommeil...
...Merci

Amakna...Non loin du Chenil

Craquement à l'extérieur... grognement grave et plaintif... aboiements... après quelques instants de réflexions je me dis que je ne dois pas être en enfer. J'essaie d'ouvrir les yeux mais la lumière qui filtre de la fenêtre m'éblouis. J'essaie de me redresser, une vieille douleur me rappelle les derniers évènements.
"Hola papi ça y est on se réveille?"
Je reconnaîtrais sa voix entre mille. Toujours moqueur, railleur, un brin hautain... aucun doute : Koulwa. Je tente une réplique à sa bravade mais ma phrase ressemble plus à un sifflement et mon rire à une complainte, mais on a l'habitude de s'envoyer des noms d'oiseau, je sais qu'il a compris. Il sourit...
Je sais où je suis maintenant j'en suis presque sûr, mon ancien chez-moi. Il y a quelques années j'ai revendu cette maison une bouchée de pain à Orzata pour que la Guilde puisse enfin avoir un lieu de ralliement. Les Pattes Noires pouvait désormais se réunir dans un endroit tranquille et sûr.
La porte s'ouvrit, une personne entra.
"Il est réveillé?"
Pill-Lou! Sa voix douce de Sadidette aura trompé plus d'une fois les imprudents brakmariens qui pensaient s'amuser un coup avec elle. L'histoire ne les citera jamais plus désormais...
"Tout juste... mais il est encore faiblard le vieux schnoque, 'va pas trop nous le secouer, 'l'a le coeur fragile"
Il profite de mon état pour m'en mettre plein la tronche... ça se paiera pour sûr. Elle s'approche du lit et pose une main bienveillante sur mon front.
"Les potions d'Orzata ont l'air de faire leur effet"
Elle se retourna pour regarder son frère toujours adossé sur un des murs en bois de la maison.
"C'est vrai, il n'empêche que la guérison aurait été plus rapide avec les soins d'un Eniripsa... j'arrête pas de dire que c'est ce qui nous fait défaut dans le groupe..."
Il s'approcha du lit où je gisais, je commençais à m'habituer aux contours de la pièce et put à peu près distinguer son visage qui se raprochait du mien. Lorsqu'il fut assez près du mien il me sortit un affreux rictus moqueur.
"J'crois qu't'as des choses à nous dire vieux branlants... tu sais qu'tu parles dans ton sommeil?"
Si il ne l'était pas déjà mon corps se raidit d'un coup d'un seul. C'est au même moment que la porte s'ouvrit à nouveau, je m'attendais à voir débarquer Orzata venu aux nouvelles à son tour. Si raide j'étais, je me pétrifiai face à cette nouvelle apparition. Elle avait beau être à contre jour à l'entrée, tout Bontarien qui se respecte connait de loin ou de très près hélas la forme massive qui venait d'apparaitre. Chralette, la Sadi de Brakmar, le cauchemar des traqueurs de Bonta.
Koulwa se redressait déjà, je connais sa force mais je crains qu'il ne fasse pas le poids.
"Purée mais fait doucement tu vas nous le faire clamser! Doucement Papi, y a pas d'lézard on va t'expliquer!"
"Ah désolé, je suis un peu maladroite, j'ai toujours du mal à mesurer ma force"
Koulwa et Chralette s'étreignait cordialement... Là y avait plus de doute possible... je venais certainement d'entrer dans la gélaxième dimension!

Amakna... Maison de guilde, non loin du Chenil

Voilà deux jours que je suis alité, j'ai eu quelques visites, mes compagnons d'aventures, et nos quelques conversations m'ont permis de rattraper mon retard sur ce qui se tramait autour de moi. J'ai été tellement peu présent ces dernières semaines et raté tellement de réunion que j'ai loupé pas mal d'informations primordiales. Les Pattes Noires se sont considérablement agrandis ces derniers temps et l'ampleur de notre champ d'action personnel et pour Bonta a pris pas mal d'envergure.
Chralette, la terreur des traqueurs Bontarien est en réalité un espion au service de Bonta! Son implication est tel qu'elle est chargé d'assassiner les espions à la solde de Brakmar et bien entendu elle dispose de toutes les informations nécessaires auprès des hauts notables d'une cité.. comme de l'autre! C'est comme une guerre derrière la guerre elle-même où les espions s'affrontent avec l'étendard de leurs ennemis sur le dos, et forcément dommages collatéraux obligatoires! Frissonnant et pervers à souhait esprits faibles s'abstenir. Mais la où ça se corse, c'est que les informations qu'elle détient sur les deux cités de part son affiliation servent les Pattes Noires dont elle est l'une des fondatrices secrètes!
"Et j'étais même pas au courant!!!"
Trop dangeureux à l'époque... ah ah la bonne blague! Et dire que je pissais de trouille quand je la savais dans les environs à l'époque du service miliciens...
Mon sauvetage a été possible en partie grâce à elle : Elle a été mise au courant de ma traque et connaissant bien le Crâ en question se doutait que j'aurai pas la moindre chance de survie (elle avait pas tort). Partant elle aussi officiellement sur mes traces, elle put guider Koulwa, Pill et Orzata sur ma position exacte ce qui leur permis de me sauver in-extremis.
"Brakmar s'interesse à Mel, mais j'en sais pas plus pour le moment."
"Moi je crois savoir..."
Koulwa m'a laissé tranquille le temps de ma convalescence mais je redoute au plus haut point ce qu'il a appris. Hélas je me sens mieux aujourd'hui assez pour me redresser et sortir du lit sans me tordre de douleur. Et ce soir, une réunion exceptionnelle est à l'ordre du jour.
"Tu vas devenir célèbre Papi!"
C'est tout ce que j'ai eu droit comme détail sur le sujet qui occupera la majeur partie de la soirée...
... je crains vraiment le pire.

Amakna le soir-même... Maison de guilde, non loin du Chenil

Il ne vous est jamais arrivé d'être convié à une soirée au quelle vous n'avez pas du tout envie d'assister et que vous savez très bien qu'il y a aucun moyen d'y échapper? C'est un peu une soirée comme celle là que je suis en train de vivre à l'instant.
Peu à peu les membres des Pattes Noires rentrent de leurs missions respectives. Les plus anciens me saluent et vont aux nouvelles, certains apprennent les évènements qui se sont succédés dernièrement. Je fais la connaissance des quelques nouveaux auxquels je suis présenté. Tout le monde se partagent les différentes anecdotes de leur dernières quêtes en attendant que les derniers arrivent. La maison pourtant grande est presque pleine.
Orzata est au fond assis dans un siège dans un recoin plus sombre, coude posé sur le dossier, poing sur la joue, jambe croisé. Koulwa, n'est pas très loin, après avoir parlé longuement avec certains membres de la guilde sur deux ou trois affaires en cours, il se tient maintenant droit, jambes écartées, mains dans le dos et scrute la salle. Les retardataires posent leurs affaires, saluent de la main quelques personnes. Pill-Lou et Chralette papotent ensemble... ça parle cuisine et végétaux... des Sadidettes quoi...
Koul tourne la tête vers Orza, qui a bougé imperceptiblement. Il vient de lui dire quelque chose. Après un bref hochement de tête il refait de nouveau face à l'assemblée.
"S'il vous plait..."
Le brouhaha diminue aussitôt et tout le monde se tourne vers Koulwa. Comme d'habitude, ce sera lui qui fera la réunion. Orzata prends rarement la parole et ne donne jamais les missions directement. C'est un observateur. Toujours en retrait, il affectionne de prendre du recul sur les évènements pour prendre au moment opportun les meilleurs décisions. Si Orza est le décisionnaire, Koul lui est la voix et l'étendard. C'est la figure charismatique de la guilde. On l'écoute, on le suis et c'est généralement lui qui donne l'assaut dans les batailles. On aurait tendance à penser à tort que Koul est le meneur. Mais malheur à celui qui fait lever Orza de son siège. Quand il prends la parole pour quelque chose ou quelqu'un ce n'est jamais bon pour cette personne. Et même les nouveaux ne se risquent pas à contredire ses décisions. Cette fois il risquerait bien de se lever pour moi... et c'est franchement pas un honneur...
"Bien... comme vous le savez maintenant Melchiek a subi l'assaut d'un traqueur de Brakmar"
Quelques uns se retournèrent vers ma direction. Je fis mine de boire les paroles de Koul...
"Il semblerait que notre Enutrof préféré a quelque chose qui intéresse de très près les notables de la ville rouge"
Cette fois-ci on me regarda avec plus d'insistance, je redoutais la suite.
"Notre bon vieux Enutrof m'a confié qu'il était en possession de l'unique carte de Rufus le Bric-à-brac"
"Rafus Le Brikasac! Imbécile..."
Rah mais quel con je fais! Ou comment se trahir en 3 mots...
"Rafus... le... Brikasac... oui pardon... pour ceux qui ne sauraient pas qui est cette illustre Enutrof de Cania, je laisse le soin à Mel d'expliquer en détails ce qu'il a découvert à son sujet. Et si sa mémoire lui fait défaut, j'essaierai de la lui rabibocher et l'aidant avec ce qu'il m'a déjà appris... Mel... c'est à toi"
Cette fois-ci tout le monde avait l'attention porté sur moi. Si j'avais des tromblons à la place des yeux, Koul se serait pris un Pulsar dans sa gueule. On me force la main pour livrer les informations collectées pendant toute une moitié de vie. C'est cher payé pour un sauvetage de ma pauvre carcasse. Très bien... ils auront que la partie émergée de l'iceberg. Il sait des choses? Et bien on va voir jusqu'où il sait! Foi d'Enutrof on aura pas Melchiek comme ça!
... ou pas.

Amakna pendant la nuit... Maison de guilde, non loin du Chenil

Bon gré mal gré j'ai dû raconter l'histoire de Rafus le Brikasac.
"J'appris son existence au détour d'une recherche pour une tout autre chose et mon flair m'encouragea à en apprendre davantage sur lui. Rafus etait un jeune Enutrof peu connu jusqu'au jour où il rentra dans la confrérie des Protecteurs secrets d'Aguabrial -une secte à la Gloire du Dragon-. Destitués et dispersés dans le monde des Douze après la mort de Bolgrot, des écrits racontent qu'il fit parti du groupe qui trouva les Dofus dans la caverne où le dragon était mort. Là il y a beaucoup de versions qui se contredisent. Je vous ferai part de celle qui nous intéresse. Rafus aurait conservé à l'insu de tous les 6 Dofus qu'il aurait conservé pour son compte le moment opportun, je vous passe les détails, tout le monde sait comment pense un Enutrof. Il y a quelques anecdotes sur la suite de son histoire dans de nombreux livres, quelques lignes le citant de-ci de-là pour ceux qui auraient la patience de passer du temps dans les Bibliothèques. Je vous la fais courte, il aurait participé entre autres, à l'Aurore pourpre, et bien
avant encore aurait vécu sur Frigost avant la malédiction."
"C'est impossible!"
Chralette venait de se lever, tout le monde riva les yeux sur elle.
"Si cela est vrai ton papi a plusieurs centaines d'années!"
Je la corrigea aussitôt
"Aurait eu plusieurs centaines d'années en effet, sauf qu'il est mort, en tout cas officiellement, son tombeau est au cimetière de Bonta, j'ai vérifié. Il n'y pas sa date de naissance juste celle de sa mort, il y a un cinquantaine d'années... Mais je me suis fait la même réflexion que toi... je peux continuer?"
La sadidette hocha la tête et se rassit.
"Bien... en cherchant bien j'ai pu donc reconstituer son histoire et il faut reconnaitre que même mort maintenant, sa vie fut anormalement bien longue. J'ai mis ça sur le compte des Dofus au début mais nous connaissons tous quelques héros dans ce monde ayant possédé la majeur partie des Dofus sans pour autant avoir connu l'immortalité!"
"Ou disons plutôt qui ne vécurent assez longtemps pour en profiter pleinement..."
Cette fois-ci c'est Orzata qui venait de parler. Tout le monde se retourna mais il n'avait pas bougé de sa chaise. Il fit signe de la main pour m'inciter à continuer.
"Hum... certes... ne trouvant rien d'intéressant de plus j'ai fait quelques recherches sur les périodes où il vécut, et je me suis fait cette réflexion : Il est toujours parti quelques temps avant une catastrophe ou un évènement majeur de notre monde. Comme si il avait été capable de prévoir à l'avance les évènements. Je suis longtemps resté bloqué sur cette réflexion regroupant des moments clés de son histoire toujours étroitement liés à certaines grandes parties historiques sans vraiment trouvé de lien."
"Mais tu avais ta propre hypothèse vieux fourbe!"
Je fusillai du regard Koulwa qui venait de m'interrompre...
"Certes mais sans aucune certitude ni preuve... jusqu'à peu de temps où j'ai appris l'existence d'un livre non répertorié, quelque part dans la Bibliothèque du Maître Corbac, qui relaterait sa biographie intégrale"
"Seulement?..."
Koulwa me regardait avec un sourire narquois. J'en avais certainement trop dit dans mon sommeil.
"Seulement quoi?"
"Seulement sa biographie? Rien de plus vieux schnoque?"
J'avais pas le choix, il me tenait par les rubis... j'allais devoir me mettre vraiment à table...

Amakna très tôt le matin (sortez les croissants et le café noir merci) ... Maison de guilde, non loin du Chenil

La tension était palpable... tout le monde sentait bien le malaise entre Koulwa et moi et chacun attendait à sa manière la suite des évènements.
Je pris mon sac et en sortit délicatement un parchemin. De la même manière je le déroulai devant l'assemblée.
"Voici le Testament de Rafus le Brikasac."
J'attendis que les murmures dans la salle disparaissent avant d'enchaîner.
"Comme vous avez pu le constater rapidement, cela ressemble plus à une carte du monde des Douze. L'encadrement du parchemin est fait de symboles. Sauf en haut à gauche qui est la seule partie lisible pour le commun des mortels. Le texte est écrit sous forme d'énigmes. Au bout d'un certain temps j'ai pu déduire qu'il s'agissait de l'emplacement d'un premier lieu qui donnait un indice un autre et ainsi de suite. Selon l'introduction, l'endroit final aboutirait à sa tanière secrète. On y trouverait l'ensemble des richesses et parchemins qu'il aurait ramassé tout au long de sa vie. Maintenant que vous connaissez un peu son histoire ou du moins sa légende, je vous laisse imaginer ce que cela signifie..."
Le mot "Dofus" résonna plusieurs fois dans les échanges de chacune des personnes présentes dans la pièce.
"Je me suis rendu sur le lieu en question et force est de constater qu'il est scellé par une porte ou plutôt devrais-je dire, un mur de pierre, protégé par des sortilèges dont je ne suis pas arrivé à percer les mystères. C'est en relisant l'énigme que cela me parut clair : ...et seul l'un des réceptacles de l'âme d'Aguabrial ouvrira les portes de votre destinée... Il ne faut pas être un grand érudit pour comprendre que le Dofus Turquoise est l'accès à la première salle."
Au milieu du groupe un sadida leva la main. Il fallut que les autres s'écartent pour voir de qui il s'agissait.
"Oui Matsuu?"
"Hum hum... euh ma question va paraître un peu stupide mais je prends le risque... si la récompense finale... enfin... je veux dire... si les récompenses de son héritage sont les 6 Dofus pourquoi faut-il déjà en avoir un en sa possession pour accéder à l'une des salles? Qui dit que les prochaines ne nécessiteront pas elles aussi un Dofus?"
Beaucoup réagirent à ses propos, je décidai d'enchaîner.
"En effet j'ai eu le même questionnement et je pense qu'il y a bien plus important pour lui dans cette tanière que les Dofus. Quelque chose qui demande qu'on soit assez motivé et assez brave pour posséder déjà un objet aussi rare qu'un Dofus Turquoise... par exemple... c'est mon raisonnement personnel en tout cas"
Chralette enchaîna directe : "Mais qu'est ce qui a plus de valeur qu'un Dofus?"
Les réactions furent multiples là aussi.
"C'est là qu'entre en jeu le codex dont je vous ai parlé tout à l'heure. Je pense pouvoir déchiffrer le reste du parchemin avec, et peut être alors je... enfin... nous pourrions en apprendre plus sur ce qui nous attend."
"Et tu comptais mener ce projet tout seul?!"
Tout le monde se retourna... C'est Orzata qui venait de se lever et se dirigeait maintenant vers moi, les yeux fixés sur ma trogne. Et j'étais pas sur d'apprécier ce qui allait suivre... Déjà les gens s'écartaient sur son passage au fur et à mesure qu'il marchait vers moi dans la pièce qui me parut alors toute petite... mais alors toute petite petite...

Amakna (après une nuit blanche) ... Maison de guilde, non loin du Chenil.

"Ta confiance en nous a-t-elle à ce point diminué que tu as gardé secret cette découverte? Si tu nous avais prévenu plus tôt nous t'aurions offert notre aide! Au lieu de ça tu as failli y laisser ta vie!"
Orzata était furieux...
"Je pensais que vous auriez quelque chose de mieux à faire, vous êtes toujours à vadrouiller aux quatre coins du monde... moi je n'connais que le continent..."
"C'est possible..." rétorqua-t-il "mais au moins nous aurions été au courant. Imagines ma réaction quand j'ai appris qu'un traqueur était à tes basques... Toi! L'Enutrof! Le commerçant! Le trouillard! Le..."
"... oui bon on va pas énumérer toutes mes qualités hein... j'ai compris!"
Koulwa était mort de rire, Pill-Lou n'en menait pas large. Orzata posa une main sur mon épaule, j'attendis un crochet du droit qui ne vint pas...
"Si Brakmar s'intéresse à ton Rafus c'est qu'il y a matière à s'y intéresser. On va t'aider! PAS VRAI LES GARS!"
Le mugissement fut unanime. J'en revenais pas!
"Bien... Les Dark brothers vous allez me ratisser la bibliothèque du Maître Corbac. Toi..." Orzata désigna Koulwa "... tu pars avec Biegunka et vous m'éradiquez du cochon en masse; quand le Dragon Cochon sort de sa tanière vous en profitez pour fouiller son antre, il nous faut un Dofus Turquoise!"
J'allais émettre une objection mais il m'interrompis aussi sec.
"Désolé Mel, mais ces deux-là sont bien plus qualifiés pour nous dénicher un dofus de cette rareté que personne d'autre ici, de plus pour éviter les patrouilles de Don Dorgans il vaut mieux être en petit comité. L'important n'est pas le Dofus mais ce qu'il va nous apporter par la suite"
J"insistai pas... J'aurai préféré un Dofus pour moi même mais Orza connaît mieux les troupes que moi...
"Chra, retourne à Brakmar et essaies d'en apprendre plus, Pill essaie de nous forger des clés pour l'Antre du Chêne Mou au cas où et retrouve moi Shamou si tu peux, on risque d'avoir besoin d'elle. Les autres allez me ramasser tout ce qui me servira à concocter des potions, nous devons nous tenir prêt à partir en expédition."
Malgré la nuit blanche qui venait de s'écouler tout le monde se préparait déjà pour la suite. Matsuu, Koolla et Athanaa prirent la direction du nord, Koulwa et Biegunka établissaient déjà sur une carte les différentes zones qu'ils allaient arpenter, Chralette échangea quelques mots avec Pill avant de se mettre en route. Il restait bientôt dans la maison plus que moi et Orzata.
"Et moi qu'est ce que je fais?"
"Toi tu te reposes, tu réfléchis aux derniers évènements et tu en tires tes conclusions. Il va falloir que tu apprennes à travailler en groupe ou sinon tu ne feras pas de vieux os... sans jeu de mot... Quant à moi j'ai quelqu'un à aller voir avant que les autres me ramènent les composants d'alchimie. Ce Rafus me rappelle quelqu'un..."
Il sembla se perdre dans ses pensées puis revint rapidement à lui.
"... bref j'ai peut être quelqu'un qui pourrait m'en apprendre un peu plus sur notre affaire, je te tiendrais au courant. A plus tard vieux bougre, je te laisse la garde de la maison, je te fais confiance."
Et il sortit lui aussi à son tour.
Je me suis retrouvé seul d'un coup, dans le silence d'une maison qui encore dix minutes avant était rempli d'un groupe qui me dévisageait. Ce groupe, c'était ma guilde et mon comportement les avait sans doute déçu. Pourtant ils n'ont pas hésité à me prêter main forte... certes non sans intérêt c'est évident... mais avec une volonté de groupe que seule une vraie guilde peut connaître. Les Pattes Noires... dont je fais parti moi aussi.


Dernière édition par Melchiek le Ven 29 Aoû - 17:12, édité 2 fois

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[RP] Histoire de Melchiek : Trésorier de la Guilde

Message par Melchiek le Ven 29 Aoû - 16:31

Chapitre II

Chralette - Brakmar - Milice

Souvent quand Chralette revient de mission, les gens qu'elle croise la dévisagent. Il faut dire qu'elle est de nature imposante. Loin de la mettre mal à l'aise, elle en rajoute une couche en les fusillant du regard. Ce qui a pour conséquence de leur faire détourner la tête. Devant Oto Mutsam c'est différent, bien que 2 fois plus grande que lui, elle ne le regarde jamais en face et ce, même si ce dernier ne tarit pas d'éloge à son égard. Aujourd'hui cependant, il est d'humeur massacrante, malgré l'écrasante victoire récente contre certains points stratégique tenu par Bonta, le chef de la Milice semble vouloir se défouler sur le premier venu qui viendrait à l'importuner... Et c'est à ses seconds de faire le sale boulot, ici un Sadidas, au nom infernalement compliqué, de carrure imposante :
"Ah... Chra... te voilà... ton rapport!"
Genou à terre, tête baissée, la sadida fait le résumé de ses différentes traques.
"J'ai appris que tu avais tenté de prêter main forte au Cra qui devait me rapporter la tête de Melchiek, qu'en est-il?"
"Hélas je suis arrivé trop tard. Ces chiens se sont mis à plusieurs sur lui, il n'avait guère de chance. Pas de trace de l'Enutrof ni de ses comparses. Ils avaient filé non sans l'avoir dépouillé. Voulez-vous que je me mette moi-même à sa recherche?"
"Inutile... Cette mission aurait dû être à la portée de n'importe quel novice, cet Enutrof a eu de la chance. J'ai déjà envoyé un nouveau traqueur sur ces traces."
Chralette contint tant bien que mal ses émotions. Ainsi un nouvel assassin était déjà à la recherche de Melchiek. Quelles sont les informations qu'Oto possède à propos de Rafus et de son testament.
"Avant d'expirer son dernier souffle, le jeune Cra a tenté de m'avertir de quelque chose mais je n'ai pas bien compris... Il parlait d'un refus ou d'un dofus..."
"Rafus... c'est embêtant qu'il est lâché cette information même pour un des nôtres."
Le sadidas jeta un bref coup d'oeil à Oto Mutsam mais si celui-ci avait suivi la conversation il n'en montrait pas l'ombre d'intérêt.
"N'ai-je pas prouvé plus d'une fois que j'étais digne de confiance Maître?"
Ignorant la supplique faîte au chef de Milice, le Sadidas enchaina :
"Il est vrai, il est vrai... moi aussi j'ai entendu parlé de choses à ton égard... oh certainement des ragots de vieux traqueurs jaloux mais..."
Le lieutenant se leva, fit un geste de la main et quatre gardes surgirent de chaque coin de la pièce.
"Que signifie..."
"Oh trois fois rien, si tu n'as rien à te reprocher, je tiens seulement à te faire passer un tout petit interrogatoire sur tes derniers agissements pour notre compte, ça va de soi, et si l'on m'a mal informé saches que je réserverai à ces informateurs un traitement bien pire que celui que tu t'apprêtes à subir. EMMENEZ-LA!"
Contre quatre guerriers de la garde rapprochée il est inutile de résister... -ils ne peuvent pas savoir, ils ne savent rien- n'arrêtait pas de se répéter Chralette afin de garder au mieux son calme. Pour la première fois elle toisa son Maître avec toute la froideur et le calme qu'elle possède.
"Je vous prouverai qu'ils ont tort" lança-t-elle lorsqu'il ne fut plus dans son champ de vision. Du moins c'est ce qu'elle essayait de se persuader.
"Je n'en doute pas une seconde!" répondit-il avant que les portes du cachot se referment derrière elle.
Dans la salle, une dizaine de tables et d'instruments de torture attendaient la Sadida qui se demandait combien de temps son calme légendaire allait tenir...

Koulwa et Biegunka - Non loin de l'Antre du Dragon Cochon

L'animal poussa un cri strident lorsque le marteau d'Ouga s'abattit une dernière fois sur lui. Le territoire des Porcos commençait à ressembler à un véritable génocide lorsque des pas lourds faisant trembler le sol se fit entendre. D'un regard entendu, les deux compères se rapprochèrent de la grotte où réside la bête. Elle ne tarda pas à sortir et devant le spectacle offert devant ses yeux, des vapeurs d'air brûlant sorti de ses narines. Elle poussa un rugissement entre le cri de Porkass qu'on égorge et celui du mulou enragé et se précipita à l'extérieur prêt à en découdre avec les assassins de son peuple.
"Maintenant!"
Au même moment Koulwa et Biegunka entrèrent dans le repaire cochon. Débarrassé du dragon occupé à l'extérieur à venger ses ouailles, ils ne leur restaient plus qu'à franchir le labyrinthe en slalomant entre les patrouilles de Don Dorgan et Don Duss Ang. Celui-ci n'avait plus beaucoup de secrets pour eux pour l'avoir explorer un nombre incalculable de fois à la recherche des précieux dofus. Il ne leur fallu qu'une petite demie heure pour arriver dans la salle du trône. Après avoir maîtrisé les quelques gardes efficacement il se mirent une fois de plus à la recherche d'un des "oeufs" turquoises.
"Alors?"
"Rien de mon coté... comme d'hab..."
"C'est pas possible! Elle est constipé à vie la saucisse pur porkass ou quoi!"
Des bruits lourds se firent entendre au loin...
"Déjà? Il aura pas traîner!"
"On a pas beaucoup de temps, il faut repartir, on va se chopper toute la garde rapprochée sinon!"
Ils prenaient la direction de la sortie quand l'oeil de Biegunka fut attiré par quelque chose.
"Attends!"
"Quoi?"
"Chut!"
"Ow tu m'dis pas chut à moi!"
Biegunka intercepta le bras qui allait lui tapoter la tête...
"Arrêtes!..." Il fixa un recoin de la grotte fouilla ses poches et balança une poignée de pièces sur chaque torche de la pièce qui se renversèrent sur le sol plongeant la salle dans l'obscurité.
"Génial et on fait comment maintenant pour sortir?"
Imperturbable, Biegunka lâcha le bras de Koulwa lentement.
"Regardes... juste devant toi..."
Dans l'obscurité totale, dans un des coins de la grotte, une fois les yeux accommodés à la pénombre, le sacrieur commença à voir la même chose que l'enutrof : une lueur bleuâtre fendant légèrement l'un des murs de la salle. Koulwa se rapprocha de l'endroit. Maintenant c'était tout à fait visible. Il leva son marteau et l'abattit de toute ses forces sur le pan de mur qui s'écroula, laissant apparaître une petite cavité dans la roche de la taille d'un homme recroquevillé.
"Tu vois ce que je vois?"
"Oooh oui... et tu penses à c'que j'pense?"
"Ooooh oui!"
Un cri strident les fit sursauter déchirant le silence régnant dans l'Antre. Un choc au sol suivit d'un tremblement hors du commun, bouscula les deux compères.
"Quelque chose me dit qu'il est là!"
"T'es perspicace toi et on fait quoi maintenant? Je vois que dalle moi!"
"Espérons que lui aussi"
"Euh... je suis moins sur là d'un seul coup"
La chiche lumière des Dofus éclaira un spectacle très peu réjouissant pour les deux chercheurs d'oeufs : Un dragon-cochon volant accompagné d'une dizaine de soudards en colère prêt à en découdre avec les voleurs.
"Bon... ben...... c'est parti?"
D'un regard complice ils s'élancèrent sans hésitation dans la pénombre avant de disparaître dans la mêlée...

Pill-Lou - Orée de la forêt des Abraknydes.

Elle avait beau connaître la nature environnante, Pill ne s'est jamais vraiment sentie à son aise dans cette forêt. Et cela ne s'arrangeait pas au fur et à mesure qu'elle s'y enfonçait. Croyant plusieurs fois être suivie, elle se camouflait dans un recoin sombre et attendait quelques minutes, puis reprenait son chemin une fois le doute parti. Elle aurait pu se rendre directement là où elle voulait mais malheureusement les prismes avaient été récemment pris d'assaut dans cette région par l'armée de Brakmar, rendant les déplacements plus difficile... et surtout plus dangereux. De temps à autre elle surprenait de jeunes abraknydes imprudents afin de récolter quelques ingrédients qui lui permettraient de fabriquer quelques clés utiles à une progression rapide dans le repaire du Chêne mou. Passée maître dans l'art de la serrurerie, aucune porte d'aucune forteresse ou presque n'a de secret pour la sadida qui a étudié l'art d'ouvrir toutes les issues. Son aide est précieuse pour les missions d'infiltrations, ce qui fait d'elle un pilier solide du clan des Pattes Noires.
Elle venait de finir un petit groupe de tronknyde lorsque un mouvement dans la périphérie de sa vision l'a mis aussitôt en alerte. Une ronce agressive s'enroula aussitôt autour du personnage suspect!
"Ohla, ohla doucement! Retenez ce truc là, ça va m'bouffer!"
"Mais j'y compte bien! Z'êtes qui vous?"
"Eaque... euh vous pouvez dire à cette mauvaise herbe de me lâcher, elle commence à me baver dessus c'est assez ragoûtant..."
"Vous faites quoi ici, pourquoi vous me suiviez?"
Le feca tentait d'enlever la bave visqueuse qui commençait à tomber sur son bras
"Rah dégueu! Mais rien!..."
Pill fit un léger geste de la main qui eut pour conséquence de resserrer encore plus les liens de la ronce
"... aieuh! Enfin si j'étais en train de faire comme vous! Voilà z'êtes contente!"
"Comme moi?"
"Oui roooh faites un effort, je ramasse des objets sur les Abras quoi, ça fait vraiment mal ce truc!"
"La forêt est pas assez grande que vous avez besoin de faire ça derrière moi?"
"C'est pas ce que vous croyez! Je regardais juste comment vous faisiez..."
"Vous m'espionniez?" Et elle leva de nouveau la main...
"Pas espionner.......juste regarder........me suis dit..... "
Mais le pauvre gars avait toutes les peines du monde à s'exprimer et avait dû mal à récupérer son souffle.
"... que vous étiez pas mal...."
"Hein! Quoi?"
"Belle... jolie... pas mal.... OH BON C'EST BON!"
Il y eut un éclair et la ronce s'enflamma et tomba en cendre... Aussi sec de nouvelles ronces s'apprêtèrent à entourer l'intrus mais elles s'enflammèrent dès qu'elles essayèrent de s'approcher du Féca. D'un seul coup devenue inefficace la jeune sadida commençait à paniquer.
"Vous approchez pas de moi!"
"Ohla c'est plus mon intention! Message reçu! Et tant que vous vous approcherez pas de moi avec vos herbes folles je m'en porterai pas plus mal!"
"Ah?! Ben tant mieux! Foutez l'camp!"
"Certainement pas j'étais là avant vous d'abord, c'est par pure courtoisie que je vous ai laissé chasser sur mon terrain de prédilection!"
"Votre...? Non mais oww la forêt est à tout le monde que je sache!!"
"C'est vrai... mais vu votre petit numéro, je suis plus trop disposé à laisser mon coin favoris à une furie sauvage!"
"Une quoi?"
Le feca s'apprêtait à répéter lorsqu'un grognement sourd l'arrêta. Face à lui la sadida se décomposa, elle ne le fixait plus, le regard porté juste derrière lui. Il se retourna lentement et comprit d'où venait le gémissement... une demie douzaine d'abraknyde sombre accompagné d'autant d'abrakne se dirigeaient furieux vers ceux qui dérangeaient depuis une dizaine de minutes leur quiétude.
"Hum... et que diriez-vous d'une petite association de dernière minute" chuchota le jeune aventurier vers sa nouvelle partenaire.
"Croyez pas vous en tirer à si bon compte, j'accepte simplement parce que je n'ai pas le choix!"
Eaque sourit et s'aventura à poser une ultime question avant le combat
"Et sinon vot're p'tit nom c'est?"
Mais il n'eut droit qu'à des gros yeux de la part de la jeune demoiselle qui invoquait déjà la puissance sylvestre à son aide...

Koolla, Athanaa, Matsuu, Sushine - bibliothèque du Maître Corbac

Trois des quatre compères avaient campé la veille sur les Pénates du Corbac. Le trajet avait été long depuis la forêt d'Amakna et le besoin de sommeil s'était fait ressentir. Sushine, le nouveau venu de la bande les avait rejoint en début de matinée après avoir fini une affaire du coté du cimetière de Bonta. Les quatre aventuriers enfin réunis, les Dark brothers comme ils aiment s'appeler, se dirigèrent vers la fameuse bibliothèque. L'entrée du manoir est gardé par une flopée de Corbacs sinistres qui croassent en concert dès qu'un groupe s'approche trop près des lieus.
"Question discrétions on a fait mieux" fit remarquer l'Enutrof.
"Avançons on verra bien, on improvisera le moment venu, Atha t'as les clé que Pill a confectionné?"
L'osamodas sortit un trousseau de son sac et le montre au deux sadidas.
"Parfait est bien c'est parti... hum hum."
Matsuu s'engagea le premier au coeur de la résidence. Après avoir forcé les premières portes d'entrées, les premières salles de livres s'offrirent à eux.
"Si on se met à fouiller chaque salle on va en avoir pour l'année, attendez moi ici deux minutes"
Koolla s'approcha d'un groupe de Buveurs. Ces petites bêtes sont des érudits confirmés et connaissent chaque salle comme leurs poches. Les trois comprirent où il voulait en venir et se postèrent en gué à l'autre bout de la salle en attendant le sadida. Après avoir expédié le groupe il choisit l'un de ceux qu'il avait le moins amoché et le ramena auprès du groupe.
"Bon... on va faire court, on cherche le Codex de Rafus le Brikasac, alors soit tu nous y amène sans bruit et gentiment et tout se passe bien, ou bien tu le fait moins cool et la on prendra un malin plaisir à te déplumer plume par plume."
"Cccrodex plus là, crrodex parti!!"
"Comment ça parti? Te fous pas d'nous!"
Sur un signe de Matsuu, Sushine tira une plume de queue du buveur qui eut un hoquet de surprise!
"Si si parti! Autre groupe cherché crrrodex! Maître Crrrrobac pas content!"
"Quoi? Un autre groupe? On est pas les seuls on dirait sur le coup? Va falloir en avertir la guilde!"
Les 3 autres hochèrent la tête. Il donna un violent coup sur le Buveur qui s'effondra sur lui-même inconscient. Au même moment, un souffle d'outre-tombe résonna non loin de la pièce où ils se trouvaient.
"Mmm, on risque d'avoir une mauvaise rencontre si on reste ici trop longtemps" remarqua l'Enutrof à juste titre.
Ils s'éloignèrent et regagnèrent la sortie mais ils furent stopper par les grilles de l'entrée qui s'étaient refermées.
"Passes moi une des clés Atha!"
"Comment les portes se sont-elles refermés? On avait pris soin de les laisser entre-ouvertes?"
Athanaa donna une clé à Koolla qui l'enfonça dans la serrure de la grille. D'un seul coup une détonation retentit et les quatre aventuriers furent projeté en arrière. Sonnés mais vivants chacun d'eux se redressa et fixèrent la grille toujours fermée.
"Qu'est ce qui s'est passé Koolla" demanda Matsuu qui regardait derrière lui pour vérifier la progression du Maître Corbac qui ne devait plus tarder à apparaître à leur basque. "Pourquoi elle s'ouvre pas?"
"Je sais pas! Je sais pas!"
Un petit rire sardonique retentit de l'autre coté de l'entrée.
"On dirait bien que vous êtes bloqués messieurs!"
En face, l'ombre d'un Sram fixait les dark brothers, mains sur les hanches, la tête haute.
"Qui t'es toi?" pointait du doigt l'Enutrof furieux "Laisses-nous sortir on a le Maître Corbac aux trousses! On va se faire lapider!"
"C'est fâcheux en effet, j'aurai préféré faire cette tache moi-même! Ah... on dirait que vous allez être très occupé..."
Muni de sa faux légendaire, le Maître Corbac et ses sbires venait de faire leur apparition.
Matsuu allait insulter le Sram mais il avait déjà profité de l'arrivée magistrale du maître des lieux pour se faire la belle.
"On neutralise ce sac d'os et de plumes et on s'occupe du pignouf après, j'en fait une affaire personnelle!"
Pris dans un cul-de-sac improvisé, les quatre compères allaient devoir la jouer serrer...

Chralette - Brakmar - Milice

De nouveau cette sensation glacée sur le visage, puis la douleur revient, profonde, lancinante, oppressante. Autour de son siège une flaque rubis s'évacue lentement dans les égouts de Brakmar. Une fois de plus elle tente d'ouvrir les yeux, sa vision est floue, sa gorge est sèche, et l'eau glacée entrant dans les lacérations de ses joues lui lancent atrocement. Les deux bourreaux, un Sadidas un peu bourru, et un Pandawa à l'haleine de croc-blanc la fixent les bras croisés, patientant.
"Alors?..."
"Elle a rien lâché pour le moment, une vraie teigne, mais elle perd rien pour attendre..."
" 'gaffe à pas la tuer, il la veut vivante"
"T'inquiètes elle le sera encore un peu, juste ce qu'il faut pour qu'il se défoule sur elle, qu'elle est encore la force de gémir"
Les deux ricanèrent avant de se rapprocher d'elle.
"Alors... t'as toujours rien à nous dire?"
Chralette bougea imperceptiblement les lèvres comme si elle essayait de produire un son qui ne sortait pas.
"Ah elle serait enfin devenu raisonnable?"
Le pandawa s'approcha pour entendre ce qu'elle avait à dire. Accrochée sur sa chaise par de puissants anneaux au niveau du cou, de la taille, des poignets et des chevilles, la pauvre sadidas ne pouvait guère bouger d'un pouce. Lorsqu'il fut assez près pour l'entendre, elle prit son inspiration comme pour tenter d'exprimer une phrase. Finalement elle cracha sur sa tête un immonde mélange de salive et de sang coagulé.
"C'est tout ce que t'auras enfoiré!" croassa-t-elle finalement.
"Je vais me la faire!"
Le pandawa venait de prendre une dague dans ses mains, certainement pour la taillader une fois de plus, lorsque quelqu'un frappa à la porte du cachot.
"REPAS!"
"Tient c'est vrai, il se fait faim" s'exclama le sadida "on l'a cuisiné toute nuit, la garce, et toute la matinée aussi, ça m'a ouvert l'appétit"
Il ouvrit la porte et un Ecaflip rentra avec un soupière fumante. De là où elle était elle ne distinguait pas les traits du félin mais l'odeur du repas fit gargouiller son estomac malgré les douleurs qui la lançaient toujours.
"C'est quoi aujourd'hui?"
"Ragoût de meulou à la menthe"
"Encore du meulou, putin... et de la dragodinde jamais?"
"Si t'as quelque chose à redire parles-en à Oto ok?"
Le sadidas souffla des narines, parla dans sa barbe mais pris tout de même la soupière...
"Ramènes tes fesses, ou je bouffe tout! et toi dégages va apporter ta merde aux autres cachots"
Le pandawa reposa la dague sur l'établis sans quitter du regard la sadidas
"Cinq minutes, et tu seras mon dessert après..."
L'écaplip quant à lui repartait avec son chariot de nourriture.
"Et la porte!! C'est pour les Ouginaks?"
Le sadidas allait se relever pour fermer le cachot.
"Laisses tomber elle est pas prête de s'enfuir..."
Il mangèrent rapidement et aussi salement que possible, comme des cochons de lait à l'heure du repas. Le repas terminé, l'un des bourreaux se leva et rapporta la soupière à l'entrée. Au moment il allait refermer, il poussa un grognement, les mains crispées sur son ventre.
"Quoi?" dit l'autre en se relevant. Mais lui aussi tituba en se redressant.
Le premier déjà au sol vomissait repas, tripes et boyaux. Et les symptômes ne tardèrent pas à terrasser le deuxième. Puis plus rien. Il y eut deux peut être trois minutes où seul les échos d'autres torturés vinrent couper le silence des sous-sols. Finalement au bout de ce laps de temps, l'écaflip refit son apparition. D'abord son visage dépassa prudemment de la porte encore entre ouverte. Puis lorsqu'il fut assuré que les deux protagonistes étaient bien morts il s'avança rapidement vers la sadida qui put enfin le reconnaître.
"Brice?"
"Chut! Économises-toi on est pas encore sortit..." dévisageant sa partenaire de guilde il ajouta "... ça va aller?"
Elle hocha la tête bien qu'elle ne sût elle même si elle pourrait tenir sur ses jambes
"Aides moi au début..... au cas où"
Après l'avoir libéré de ses étaux, il essaya de la relever. Elle grimaça. Presque aucune partie de son corps n'était pas tailladée ou couvert de bleu. Elle arrivait à marcher mais elle avait du mal à voir à plus de deux mètres. L'écaflip l'aida tant bien que mal à sortir du cachot.
"Par contre va falloir m'aider, je connais pas trop les souterrains d'ici moi"
"Comment t'as fait pour..."
"Plus tard pour l'instant faudrait juste sortir de la ville pour..."
"Non..."
"Quoi non?"
Dans un effort de volonté elle se redressa pour fixer l'écaflip.
"Je dois... retrouver ce qui m'ont grillé, je les ai aperçu... au dernier moment... avant que l'on m'enferme. Ils attendaient... dans la pièce à coté... de la salle principale, je sais qui ils sont... je saurai les retrouver dans Brakmar"
"C'est de la folie, quelqu'un va forcément me repérer!"
"Pas si tu passes pour mon prisonnier..."
"Nan mais t'as vu ta tête? ça tiendra pas la route cinq minutes! Et à partir du moment où ils vont retrouver les deux cadavres ils sauront que tu t'es enfuie!"
Chralette fixa les deux cadavres qui gisaient dans leurs entrailles.
"J'ai une idée... aides-moi."
Elle fit signe à Brice pour redresser le sadidas et l'installa dans le fauteuil, puis elle traîna le corps du pandawa dans un recoin. Il sortirent ensuite tous les deux de la pièce et refermèrent à clé la porte du cachot. De la lucarne on distinguait maintenant vaguement une forme ressemblant à un ou une sadida.
"Pour vérifier ils devront forcer la porte... si ils vérifient... et maintenant direction la Taverne de Djaul..."
"Je le sens pas ce plan là, avec la tronche que t'as ça passera pas je te l'dis!"
"Laisses moi remettre la main sur mes affaires personnelles et tu verras... et puis ta chance d'écaflip est de notre coté non?"
Brice eut une moue dubitative...
"Pour l'instant je dirais que c'est du 50-50 mais tu risques de faire baisser notre côte de chance de survie"
Quelques instants plus tard après avoir occis le gars de la consigne, elle récupéra dans son sac trois potions de Bulbig et une autre de Raide Boulle. Après avoir soigné la plupart de ses blessures elle commençait à avoir les idées plus claires et entrevoyait déjà comment elle allait agir et comment elle allait tenter de garder sa couverture d'espionne. Il fallait faire vite. Ce n'était plus qu'une question de temps... et de chance.

Koulwa et Biegunka - Antre du Dragon Cochon

La bataille faisait rage non loin du trône du Seigneur Cochon, dans la pénombre de la salle les coups volaient de partout, seul lueur, la présence de dofus turquoises, laissaient entrevoir par intermittence, un sacrieur et un enutrof qui avançaient à coup de pelle et de marteau vers le labyrinthe. Mais chaque minute qui passait laisser arriver d'autres gardes venant soutenir leur maître.
"Ils sont trop nombreux!"
"Tu rigoles? Je commence tout juste à faire mal!"
Koulwa était déchaîné. Depuis quelques minutes, son regard annonçait clairement qu'il était passé en mode berserk, autour de lui une marrée de sang volait, tournoyait, en un bal mortuaire. Son sang, leur sang, devenues armes de destruction massive au service du sacrieur. En effet plus le flot d'ennemis arrivaient et plus vite ses opposants s'effondraient sous ses coups. Mais le vieil Enutrof savaient que cela ne durerait pas éternellement et que cela prendrait fin lorsqu'il n'y aurait plus assez de sang de sacrieur pour sublimer celui de ses victimes. Mais au coeur du bain de sang, ces guerriers là en oublie toute prudence, c'est leur passion.
"Continues d'avancer, on pourra les perdre dans le labyr..."
Il fut téléporter au moment même où une flèche de cochon de lait allait lui percer le torse.
"...rinthe! Arrêtes de jouer!"
Koulwa, après avoir pris la place de Biegunka, arrêta la flèche et massacra le cochon en un instant, avec 3 autres de ces compagnons, puis fut téléporter à nouveau alors que le Dragon cochon allait transpercer l'estomac de l'Enutrof à coup de corne, qu'il évita, tout en faisant tomber deux Don Duss Ang dans un hurlement épouvantable.
"Ok... comme tu veux..."
Sans prévenir il se mit à courir vers le labyrinthe, laissant deux cochon de lait se mutiler entre eux n'aillant pas su anticiper le départ subit du sacrieur. Biegunka eut juste le temps de réagir lorsque son ami le dépassa sourire au lèvre, doigt d'honneur levé.
"Pas assez rapide jeune Pandawa!"
L'enutrof n'eut pas besoin de se retourner pour comprendre que le seul encore présent dans la salle du trône allait se prendre une mortelle dérouillée si il quittait pas les lieux aussi vite.
"Ah tu veux jouer à ça p'tit gars..."Biegunka lança une accélération dont il a le secret, mais à sa grande surprise, les dofus qu'il avait dans les mains en amplifièrent le phénomène.
"Woah ça c'est cool!"
Il s'élança laissant sur place une armée de cochon semblant se mouvoir au ralenti, les pièces du labyrinthe défilèrent devant lui comme une scène que l'on se remémore vite fait pour retrouver un point essentiel, il crut apercevoir quelqu'un mais le temps de tourner la tête il avait disparu de son champs de vision, et l'instant d'après il était à l'extérieur. Il plissa les yeux le temps de s'habituer à la luminosité, et, ne voyant pas son coéquipier, sourit, et s'installa près d'un tronc d'If fraîchement coupé.

Une demie heure plus tard, Koulwa se décida enfin à sortir du donjon. Il tourna la tête à gauche, puis à droite. Quand il aperçut Biegunka dégustant un bar cuisiné accompagné d'une briochette et d'un peu de bière, il grimaça.
"C'était donc toi le coup de vent qui a failli me projeter sur le mur..."
"Mmm possible, désolé j'allais trop vite pour me rendre compte que c'était toi... sans rancune hein?"
"Ah ah très drôle... t'as un bout pour moi?"
Biegunka sortit un sac rempli de vivre
"Il te faut au moins ça je me trompe?"
"Oh oui..... Alors combien y en a?"
L'Enutrof se leva et lui fit signe de le suivre. Non loin de là les deux dragodindes qu'ils avaient laissés attendaient patiemment leur maître. Biegunka ouvrit un sac bien rempli.
"Ah ouais... quand même..."
Les deux compères se regardèrent, un sourire entendu, la vie promettait de devenir... enrichissante...

Pill-Lou et... - Orée de la forêt des Abraknydes.

C'était un véritable brasier. Ça et là des Abraknydes se consumaient sous la puissance des Glyphes du Feca, pendant que d'autres étaient réduits en miettes sous la pression des ronces de la Sadida. Mais plus les ennemis tombaient sous leurs coups et plus de nouveaux renforts apparaissaient de nul part comme si la forêt toute entière se rebellait contre ces nuisibles.
"Vous êtes douées!"
"Vous croyez que c'est vraiment le moment?"
"Ah si c'est ma dernière heure je préfère autant être sincère avec ma compagne d'aventure!"
"Je ne suis pas votre compagne"
La sadida écrasa un tronknyde avec une ronce géante qui s'abattit à quelques centimètres du Feca
"Mmm charmante, vous êtes..."
Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Happé par une branche invocatrice, Eaque était pris au piège. Au même moment, cinq Abraknydes Iracsibles commençaient à encercler la jeune Pill-Lou. Tout semblait perdu lorsqu'une déflagration assomma les deux aventuriers. Suivant son instinct de survie, Pill tenta de se redresser pour apercevoir le nouvel ennemi.
"Jolie!" s'écria le Feca suivit d'un sifflement d'admiration!
"Quoi?..."
Mais Eaque ne regardait plus la Sadida mais plutôt la jeune Cra qui était en train de massacrer à elle seule l'armée de la forêt.
"Shamou?..."
"Ah vous la connaissez? Intéressant!..."
"Oh vous... la ferme!"
Titubant elle s'approcha de la nouvelle venue afin d'être bien sûr.
"... c'est bien toi?..."
"Tu croyais tout de même pas que j'allais te laisser te faire embrocher par ces épouvantails à écorces!" puis penchant la tête de coté "... et te laisser draguer aussi lamentablement!"
Elles rigolèrent toutes les deux. Le calme revint bientôt, le silence se fit apaisant malgré quelques crépitements d'écorces incandescentes.
"Bon sang mais où étais-tu passé? On t'a cherché partout avec les Pattes, on te croyait morte ou pire encore!"
"C'est assez long à te raconter, je t'en dirais plus en route tu fais quoi ici?"
Pill allait répondre quand quelqu'un s'éclaircit la voix derrière eux.
"Hum... Mesdames... Eaque, enchanté de faire... ou refaire votre connaissance" et d'un sourire enjôleur il enchaîna "et je tenais à exprimer ma gratitude pour m'avoir sauver la vie"
Il tenta de s'approcher afin d'embrasser la nouvelle venue.
"Encore une demie-portée de moi et je vous envoie cette flèche dans le crâne c'est compris?"
Le Feca s'arrêta net, hésita, puis sourit de nouveau.
"Bien entendu... Mmm charmantes... Mesdames... au plaisir de vous revoir un jour"
Il fit une courbette un peu maladroite et disparu en un instant.
"Bizarre ce gars..."
"Flippant tu veux dire!"
Elles se regardèrent et rirent de nouveau.
Pill ramassa dans les débris du combat ce dont elle avait besoin et décida de rebrousser chemin vers la maison de guilde en compagnie de sa meilleur amie, qui avait plein d'chose à lui raconter.

Koolla, Athanaa, Matsuu, Sushine - bibliothèque du Maître Corbac

Après un combat interminable le Maître s'écroula enfin, mais tout le monde sait bien que la mort n'est, pour la Maître des lieux qu'un repos forcé avant un retour fracassant. Koolla et Athanaa aidèrent Matsuu et Sushine à se relever. Le Sadida et l'énutrof sont dans un sale état.
"Pas l'temps de poursuivre l'autre noc, on rentre. Il faut qu'on trouve une solution pour ce fichu Codex..."
"Et si c'était lui qui l'avait?"
L'Osamodas réfléchit un instant.
"On peut pas se permettre de partir à sa recherche avec deux blessés... On va d'abord à la maison de Guilde, peut être que Chralette aura des infos sur le brakmarien"
L'autre sadida aquiésca.
Ils décidèrent de mettre les blessés sur leur monture et d'avancer à pieds. La route du retour fut longue. Ils allaient pas tarder à arriver lorsque Koolla arrêta net ses compagnons.
"Chut! Ecoutez!"
Au niveau de la maison de guilde, des lames s'entrechoquaient, des voix criaient et injuriaient. Parmi elles, celle de Melchiek...
"Montres-toi canaille! Tu resteras pas invisible toute la journée"

"Mel a des ennuis!"
Koolla et Athanaa laissèrent les dragodindes à l'écart et se précipitèrent jusqu'à la maison. Deux détonations les envoya valser dans les airs avant de retomber lourdement à coté de l'Enutrof.
"Pièges..."
"Sans déconner!? J'avais pas r'marqué..."
"Niveau discrétion vous repasserez les gars"
"Nous aussi on est content de te voir!"
C'est à ce moment précis que le Sram, en fait... une sram, apparut pour projeter ses dagues sur l'énutrof. Elles allaient frapper en plein torse lorsqu'une puissante ronce s'interposa.
"CHRALETTE!!!!"
"Ben quoi, z'alliez pas vous amuser sans moi"

"Toi?... Traîtresse! Le maître avait raison de te suspecter" la sram se dirigea droit sur la sadida avec une rapidité déconcertante "voilà ce que mérite les félons de ton rang!"
Deux nouvelles dagues en main la jeune brakmarienne allait s'en prendre aux viscères de Chralette mais elle fut projeté en arrière par une flèche qu'elle n'avait pas vu venir
"SHAMOU!!!!!"
"Quel accueil! Je vous aurais manqué? Un coup d'main peut être?"
Derrière elle Pill-Lou fit son apparition. Prête à en découdre elle aussi.

L'assassin se releva le regard mauvais.
"Vous pourriez être mille le résultat sera le même"
En à peine une seconde, la sram se dédoubla et un curieux petit être apparu au coté des deux jumelles.
Chralette se mit entre le groupe et les trois ennemies.
"Méfiez-vous, c'est un dopeul sram, ça signifie qu'on ne nous a pas envoyé un assassin de pacotille..."
Un rire puissant se fit entendre mais à l'arrière du groupe des Pattes Noires.
"Tant mieux! Sa défaite sera encore plus cuisante!"
"KOULWAAAAA!!!!"
"Ow et moi alors!!"
"BIEGUNKAAA!
"Ah beh voilà!! Je préfère!"
"Vieux débris!"
"Tu veux que je leur raconte nos péripéties? Gringalet!"
"Plus tard... on a mieux à faire là!"
Le regard du sacrieur était mauvais, très mauvais. Il s'avança et dépassa Chralette puis vint se poster face au groupe sram. Derrière lui chacun serra les rangs, sourire et canines bien visibles.
"Un combat inégal comme je les aime"
Loin d'être impressionnées, la jeune sram et ses invocations défiaient le groupe du regard.
Il y eut un moment de silence... très bref... puis de chaque coté on s'élança pour un affrontement certainement très sanglant.....

Les Pattes Noires - Près de la maison de guilde

Le combat dura une journée, et une nuit, beaucoup tombèrent pendant la bataille. Il ne restait plus que Koulwa et Pill-Lou face à l'assassin envoyé par Brakmar. Lorsqu'un coup en traitre acheva Koulwa qui s'effondra, à bout.
"Il ne reste plus que toi ma petite"
Pill tenait à peine sur ses jambes, et si elle tombait à son tour, la tueuse prendrait soin d'exterminer la guilde. Dans un dernier sursaut de volonté elle invoqua tout ce qu'elle comptait de poupées vaudoos. Face à ce petit régiment, la sram ricana.
"C'est trop meeeugnon! Il faut absolument que je leur présente mon dopeul!"
"Quoi?... mais on l'a détruit pendant la bataille!" et nombre des pattes noires se sont sacrifiés pour en venir à bout.
"Alors ouvres bien tes yeux!"
Un nuage de fumée apparut de nouveau et un autre dopeul fit son apparition. Face à ce tandem, Pill ne tiendrait pas très longtemps.
"Fais tes prières!"
L'assassin bondit sur Pill qui esquiva tant bien que mal, mais le dopeul, lui ne l'entendait pas de cette façon. La sadida n'avait pas le temps d'enchaîner une deuxième esquive. Elle allait devoir subir de front l'attaque. Mais rien ne se produisit. Quelqu'un tenait le crâne de la bête à une main.
"Un petit coup d'main ma douce?"
"Eaque?!"
Il y eu pour réponse un craquement désagréable et le dopeuls disparut dans un nuage de fumée.
"Naaaan! Je vais te faire la peau!"
La sram jaillit derrière le nouvel arrivant en une fraction de secondes et planta sa dague dans les cotes du Feca. Mais au lieu de faire jaillir du sang la lame se brisa sous le choc.
"Vu ton expérience tu devrais savoir qu'on attaque pas un feca si on est pas sur que ses boucliers sont inactifs..."
A cela il assena un violent coup de tête en arrière qui assomma à demie l'assassin. Puis des plaques de lumières rougeoyantes jaillirent du sol en encerclèrent la sram. Puis d'autres apparurent; vertes, puis bleu, tel un feu d'artifice encerclant son ennemi.
"Tu as maintenant le choix, soit tu repars d'où tu viens bredouille avec un potion de téléportation, sois tu meurs au moindre mouvement"
Le regard de la tueuse rougeoyait d'un haine sans borne.
"Tu crois qu'il me suffit de bouger pour vous tuer?"
Elle fit un bref mouvement et deux dagues fusèrent sur le Féca et la Sadida. Il y eu un sifflement bref, et les deux lames touchèrent leurs victimes avant de tomber à plat au sol.
"Qu'est ce que je venais de te dire... que crois-tu que deux dagues puissent faire, fassent aux boucliers de la déesse Feca?"
De colère, l'assassin fit un pas, bras tendu vers ses proies. Tout se passa très vite, les plaques de couleurs explosèrent en flammes multicolores et dévorèrent celle qui, l'instant d'avant, avait osé s'aventurer sur leurs zones. Il y eut un grand silence où personne ne bougea. Puis la sram s'effondra...

"Tout va bien trésor?"
"Vous venez de me sauver la vie..."
"C'est le moins que je pouvais faire pour vous, et votre guilde... après tout vous l'avez sauvé la vie aussi dans la forêt."
Elle allait répondre lorsqu'il pencha la tête de coté pour regarder derrière elle.
"Il faudrait s'occuper de vos amis, ils sont dans un sale état."
"Je vais vous aider, suivez-moi notre maison est juste à coté."

Une semaine plus tard...

La guilde au grand complet attendait maintenant le compte rendu de Melchiek, Orzata et Chralette.
Le codex était en possession d'Epsilone, une sram qui avait été envoyé par Brakmar afin d'éliminer toutes personnes s'intéressant de trop près à l'histoire de Rafus. Sur leur trace depuis plusieurs jours, elle avait suivi de près leur évolution et pris l'initiative de ramener les preuves que les Pattes Noires auraient acquises pendant leur recherche, tout en les exterminant afin qu'aucune trace ne remonte vers le mystérieux Enutrof. Eaque le Féca sauva in-extremis les membres de la confrérie et prodigua les soins d'urgences. Une fois rétablis, les membres échangèrent les informations qu'ils avaient chacun ramassées de part et d'autre de leurs missions respectives.
Matsuu et sa bande s'était fait volé le codex de peu par Epsilone, qui avait utilisé les prismes secrets réservés aux grands combattants pour finir le travail directement au coeur de la maison de guilde afin de récupérer la carte en possession de Melchiek. La suite tout le monde la connaissait. Koulwa et Biegunka n'avait pas ramené un mais plusieurs dofus turquoise ce qui leur value une salve d'applaudissement. Chralette avait été balancé par la Sram. Grillant sa couverture, elle avait failli subir une mort atroce mais Brice de la Mole, par sa chance d'Ecaflip, avait entendu, pendant une partie de poker dans un bar d'Amakna, parler de la trahison de Chra. La sachant en danger imminent il avait décidé de braver la cité rouge pour la retrouver, ce qu'il fit. Pill retrouva Shamou, disparue depuis des mois pour retrouver la trace de son amant perdu. Elle avait décidé de revenir malgré qu'elle n'ait rien trouvé. Ces aptitudes en combat serait d'une aide précieuse pour la suite.
Melchiek, Koulwa, Orzata et Chralette passèrent une nuit entière à décrypter le précieux parchemin et réussirent à en percer ses mystères...
"[...] cela nous mène à Frigost, où Rafus aurait grandi. Nous partirons en expédition dès demain avec qui le voudra."
Leur mission touchait enfin au but... ou presque.

Frigost - Convoi de guilde...

Tout avait pourtant bien commencé, le Testament résolu, l'oeuf bleu en notre possession, des vivres et de quoi se couvrirent pour faire face au froid... Les indices nous menaient droit dans la bourgade de la ville portuaire de Frigost. Dans un recoin sombre de la ville, une masure somme toute modeste, nous attendait tel que le décrivait le précieux parchemin. Aucune serrure à la porte, la présence du Dofus Turquoise avait suffit à débloquer l'entrée apparemment protégée par des sortilèges anti-intrusions... qui eut d'ailleurs comme réaction de faire disparaitre le précieux oeuf de Dragon...
"Après s'être donne tout ce mal" lacha Melchiek. Mais la porte s'était ouverte...
Jusque là tout s'était bien déroulé...
A l'intérieur, le lieu était chichement décoré; un tapis à l'effigie de Frigost, une table, des chaises, un coffre-fort. Notre attention se porta très rapidement sur le coffre, qui, ma foi, s'ouvrit très simplement... trop peut être. Il y avait bien à l'intérieur un parchemin mais celui-ci, contrairement à ce qui aurait dû se produire, n'était pas d'une part, de l'écriture de Rafus -indiquant la prochaine marche à suivre- et d'autre part, portait un message malheureusement bien trop clair pour nous :
Nous sommes Les Lames et sommes passés bien avant vous,
Nous avons été au delà de ce que vous irez vous même,
Nous avons percé les secrets et les mystères et avons décidé d'en devenir les Gardiens.
Ce que nous avons découvert dépasse votre imagination et la nôtres,
Si vous souhaitez vous approprier ces secrets il faudra nous affronter.
Les Lames - Gardiens des secrets de Rafus -

"... doublés"
Melchiek tomba à genou.
"On a risqué nos vies pour rien?! Toutes ses recherches pour ça?"
"Calmes-toi le vieux, On va rendre visite à ces lames et nous verrons alors"
Koulwa ne bougeait pas plus que Pill ou Chralette. On sentait bien la déception dans chacun des regards.
"Tu crois vraiment qu'il vont nous laisser rentrer tranquillement chez eux et nous inviter à boire le thé?"
"Non mais vu les efforts que nous avons fait, je pense que nous le monde sera d'accord pour qu'on essaie de découvrir au moins ce pourquoi nous sommes partis loin de chez nous."
"Si ils se montrent hostiles, nous saurons leur répondre, nous avons affronter bien pire dernièrement non?"
"Si on les trouve..."
Orzata se retourna,
"Comme vous voyez" montrant le parchemin "Pas de code, et ils n'ont pas peur de se battre. Je crois qu'on ne mettra pas beaucoup de temps à savoir qui ils sont et où ils sont, ils ne se cachent pas, l'adversité ne semble pas les intimider... nos les trouverons"
La visite de Frigost fut donc plus brève que prévu... Une fois de plus nous allions devoir peut être gérer un nouvel obstacle.

Epilogue

La rencontre avec les lames ne se solda pas par un affrontement.
Nous ne tardèrent pas à trouver leur repère mais vraisemblablement ils nous attendaient déjà. Nous étions venus nombreux mais le comité d'accueil nous renseigna qu'ils l'étaient aussi. Après un long face à face dans un silence de plomb l'un d'eux s'avança. Une Enutrofette du nom de Memylame; si petite que je sentis Koulwa sur le point d'exploser de rire, mais fort heureusement pour tout le monde, il se retint. Contre tout attente elle me pointa du doigt ainsi qu'Orza, Koulwa et Chralette puis, sans un mot, nous fit signe de la suivre. En laissant un dernier regard aux restes du groupe, je défilai avec mes autres compères à travers un cortège d'hommes de mains. Ils nous dévisageaient du regard mais ne bronchaient point. Cela faisait bizarre de voir cette mamie devant nous, avançant d'un pas sûr, jusqu'à sa demeure, entourée de si grands gaillards.
A l'intérieur nous fûmes assez surpris de l'imposante baptisse. De l'extérieur on ne pouvait se douter qu'un immense complexe se trouvait là.
Autour d'une grande table, deux autres "Lames" attendaient. Ils se présentèrent : Un sacrieur du nom de Mou-mouth et un Enutrof du nom de Metallik. Memylame s'assit à coté de lui et nous désigna les chaises qui étaient en face d'eux et nous nous assîmes à notre tour. L'énutrof sortit un parchemin d'un coffre et me le présenta. Il s'agissait du parchemin que nous aurions dû découvrir sur Frigost. Surpris je relevai le regard vers lui mais son visage semblait impénétrable...
"Vous l'avez traduit?"
Sans me répondre il sortit non pas un mais 12 autres parchemins. Tous étaient de l'écriture de Rafus... le parcours, les étapes, il y avait tout...
"Nous avons fait bien plus... comme vous voyez, nous étions depuis bien plus longtemps que vous dessus..."
Il y eut un grand silence, une fois de plus. Je me doutais de la question qui brulait les lèvres d'Orzata et Koulwa mais il m'en vient une autre...
"Comment se fait-il que j'ai trouvé le premier parchemin?"
Le sacrieur et l'Enutrof se regardèrent puis se penchèrent tous les deux vers Memylame.
"En fait... nous avons comme qui dirait... triché..."
"Quoi?... mais... comment?"
"Mon mari ne souhaitait pas que je retrouve ce trésor... il voulait laisser ça à de "vrais" aventuriers... oui parce que pour lui une..."
"Attendez, attendez..." interrompis Koulwa "... votre mari?"
C'est l'Enutrof qui répondit :
"Memylame la Brikasac..."
"Plus exactement, sa dernière épouse..." corrigea l'Enutrofette "ce vieux loups des mers a eu une très longue vie..."
"Vous êtes la..."
"Elle vient de le dire vieux schnoque..."
"Quoiqu'il en soit il n'était pas de ceux qui lèguent toute leur fortune à leur fils et femme..." ajouta Memylame.
"Mouep!"
Nous regardâmes les deux comparses qui venaient de réagir en choeur.
"Vous êtes les fils de... vous êtes frères?!?"
"Demi-frère plus exactement" avoua l'Enutrof "Memylame est celle qui se maria après la mort de feu ma mère. Mou-mouth est la génération d'après."
"Pfff quel famille de dingue!" Orzata foudroya du regard Koulwa qui haussa les épaules "... ben quoi?" dit-il d'un ton moins assuré.
"Bref... il prit soin de garder secret l'emplacement de son trésor jusqu'à sa mort, mais je l'avais surpris des années avant dans son atelier lorsqu'il décida de créer les cartes qui présenteraient l'Odyssée son futur testament comme il marmonnait parfois. J'ai volé la toute première création et en fit une copie et j'ai laissé faire le temps. A sa mort nous nous mîmes donc à sa recherche... il y a quarante ans. Et croyait moi, ce ne fut pas une sinécure!"
Le silence retomba à nouveau comme pour nous laisser le temps de digérer ses paroles. C'est Orzata qui reprit :
"Pour moi il n'y a pas à discuter... il s'agit des biens de votre famille, et d'une certaine manière vous avez mérité de les obtenir en résolvant un à un chacune de ses énigmes. Nous aurions seulement souhaité, afin que nos efforts n'aient pas été vains, savoir qu'elles étaient le contenu de ce trésor."
"Nous y avons réfléchi et nous vous proposons encore mieux." Elle sortit une énorme bourse presque aussi grande qu'elle "Pour vous dédommager de vos efforts... il ne s'agit là que d'une infime parti de son trésor, alors ne vous gênez pas"
En tant qu'Enutrof je n'avais pas besoin d'ouvrir pour savoir qu'il y en avait pour plusieurs millions de kamas.
"Et maintenant... écoutez moi bien..."
Pour des raisons évidentes maintenant je ne vous révèlerai pas les artefacts qui était en la possession du vieil Enutrof, juste vous dire qu'ils étaient en relation direct avec les évènements survenus à Frigost. Des objets dont on ne pouvait imaginer comment il avait pu les obtenir ou se les approprier mais qui pouvait facilement expliquer l'extraordinaire longévité de cet homme exceptionnel à travers le temps et les âges. Et c'est dans un commun accord que nous comprenions désormais pourquoi Les Lames avaient décidé, plutôt que de s'en servir, d'en devenir les nouveaux gardiens.
Chralette qui n'avait pas encore pris la parole se décida à parler :
"Brakmar est à la recherche de ces objets..."
"... et grâce à vous et nous ils ne les trouveront certainement jamais désormais et nous vous en remercions encore!"
"Merci à vous d'avoir bien voulu nous recevoir et nous confier ces secrets, et nous jurons sur notre honneur de les garder jusqu'à la mort. Et si un danger mettait en péril votre assemblée, n'hésitez pas à nous prévenir!"
"Je vous en prie c'est la moindre des choses que je vous pouvais faire après tout le mal que vous vous êtes donné pour retrouver le trésor de feu mon époux"
Nous échangeâmes encore quelques mots et nous repartîmes vers notre groupe qui attendait au dehors. Sur le chemin du retour, Orzata expliqua dans les grandes lignes ce qui s'était dit en omettant les objets dont nous devions désormais garder le secret. Les autres ne cherchèrent pas plus loin, la bourse de kamas avait suffis à contenter la majorité d'entre eux. Quant à moi, je restai songeur. Je pensai aux jours, aux mois qui s'étaient écoulés, aux rêves que j'avais nourris, aux aventures qu'on avaient partagées... pour finalement quelques pièces...
"L'important c'est ce que nous avons vécu tous ensemble" Pill-Lou s'était rapprochée de moi sans m'en rendre compte "des aventures comme ça on en aura d'autres t'inquiètes"
"Et cette fois-ci je serai là!"
"Teh Shamou! Et c'est censé être une bonne nouvelle ça?"
"Grrr vieux débris!"
Et nous éclatèrent de rire suivis des autres autour.
Il faisait nuit, l'air était agréable, et une bande de potes se dirigeaient vers Amakna pour fêter à coup de bières et de chopines, une récompense plus qu'honorable... comme beaucoup d'autres groupes de potes dans le Monde des Douze!

*** FIN ***

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